hopital

03/02/2011 19:48 par bonnyportmore

Les crises de Mayan s’amplifiaient et elle devenait de plus en plus faible. Elle perdit connaissance au milieu de la chaussée et fut emmenée à l’hôpital le plus proche. Son ventre gonflé lui faisait mal. Elle avait des nausées et des vertiges depuis plusieurs jours. Menstruations absentes. L’idée d’une grossesse l’effleura. Le verdict ne se fit pas longtemps attendre. Son corps, tel un objet, fut soumis aux actions mécaniques des jeunes internes qui réitéraient les mêmes questions. Le vide total, son ventre était vide. Elle se sentit triste mais soulagée car être enceinte dans sa situation, se serait avéré une pure folie.
Son désir d’enfant s’éteignit.

incompréhension

03/02/2011 19:31 par bonnyportmore

La fusion du départ laissa place à l’incompréhension. Antoine s’était leurré et Léa tomba de son pied d’Estale. Il se pensait semblables et découvrait combien ils étaient différents. Qu’allait-il faire de cette différence ?

Elle le gênait car ce n’était pas l’idée qu’il se faisait d’un couple. Il voulait qu’elle le comprenne, qu’elle saisisse ses émotions. Pour tant l’agacement de Léa montrait les limites de son empathie. Lui avait il demander une chose impossible ? Il resta dans ses pensées toute la matinée, rongé par une colère intérieure car il en voulait malgré lui à Léa.

Il redevenait le petit garçon qu’on devait rassurer. Il voulait entendre certains mots mais Léa semblait incapable de le réconforter. Léa quant à elle se montrait de plus en plus distante, sortait souvent sans Antoine. Depuis son entrée au Barreau, elle s’était faite de nouveaux amis et invitait que très rarement Antoine à les rejoindre.

« Tu risques de t’ennuyer : justifiait- elle. »

 

Antoine se sentait de plus en plus seule et passait ses soirées sur son ordinateur, sa seule relation au monde.

« Qu’est ce qui se passe Léa ?

-Comment ça ?

-Tu ne m’aimes plus ?

-Pourquoi dis tu ça ?

-Tu passes toute tes soirées sans moi, j’ai l’impression que tu n’as plus besoin de moi.

-Ce n’est pas ça, Antoine, j’ai besoin de voir d’autres personnes, de m’ouvrir. Notre vie actuelle me pèse parfois. Je n’ai jamais aimé la routine.

-Tu trouve notre vie routinière ? Je pense le contraire. » 

Léa commença à monter en pression :

-         « Tu ne me parles pas Antoine, tu restes les yeux rivés sur l’écran. Tes conversations virtuelles sont plus palpitantes ?

-         Mais non Léa, qu’insinues-tu. J’essaie de te parler mais tu ne veux rien entendre.

 
 
 

New York

24/01/2011 16:40 par bonnyportmore

         Mayann arrêta la pilule et retrouva du désir pour Vincent. Les relations intimes avaient désormais un but : la procréation. Elle passait ses journées à chercher un prénom pour son futur bébé, à élaborer des projets pour la petite famille qu’ils allaient devenir.
Vincent de son coté travaillait toujours autant et prévoyait pour avril un nouveau voyage en Amérique latine. Il en parlait fréquemment et était tout excité par la tournure que prenait sa nouvelle carrière. Il multipliait les contacts avec des chercheurs du monde entier, était sollicité pour participer aux colloques d’instituts de recherches renommés. On croyait en lui. Mayan croyait en lui. Elle le soutenait depuis toujours et n’avait jamais douté une seule seconde de son talent.

     « Je vais sans doute aller à New York l’année prochaine : lâcha t’il, enthousiaste, au téléphone.
Cette nouvelle lui fit l’effet d’une bombe. Et leur projet, qu’est ce qu’il en faisait ? Remis à plus tard ? Balayé ?
Mayan n’en croyait pas ses oreilles. Ce monstre d’égoïsme lui suggérait insidieusement de reprendre une contraception pour ne pas entraver sa carrière grandissante. Elle s’avachit sur une chaise et laissa tomber le combiné.
Il lui arrachait le seul espoir de se sentir importante. Deux mots, il avait suffi de deux mots. Qu’est- ce que New York proposait de plus intéressant qu’une vie de famille ?

réussite

24/01/2011 16:39 par bonnyportmore

       Léa sortit de la salle épuisée après six longues heures à plancher sur le sujet. Désormais, le résultat ne dépendait plus d’elle, elle s’en remettait au destin. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle aperçut Antoine assis sur un banc. Il l’attendait, il voulait recueillir ses premières impressions.

      Elle lui sourit et Antoine comprit qu’elle avait réussi. Il se sentit fier d’elle. Le drame de la veille n’avait pas entamé son ambition. Léa sous ses airs fragiles était forte. Il aimait ça. Il l’invita alors à se détendre au cours d’un déjeuner improvisé.

   « Bien volontiers : répondit Léa. » Et pour la première fois, elle le regarda et elle aima ce qu’elle vit. Ce n’était plus le jeune universitaire effacé mais un homme attentionné qu’elle avait en face d’elle. Ils dialoguèrent toute la fin d’après midi, évoquant leurs passions, leurs vies et s’étonnèrent de toutes ces choses qu’ils avaient en commun. Dès lors une grande complicité commença à s’installer en eux. Léa habitait toujours chez Antoine et apparemment elle ne semblait pas pressée de trouver un nouvel appartement. Elle appréciait de plus en plus sa présence, ces longs débats au cours desquels elle tentait de le rallier à sa cause. Ces soirées à regarder des  vieux films. Antoine et Léa se ressemblaient.

« Qu’est ce qu’il y a ?

-Rien

-Pourquoi me regardes-tu comme ça ? demanda Antoine.

-Tu me plais !  Lança Léa dans une franchise déconcertante. » Antoine rougit : jamais une femme ne lui avait fait de telles avances. Il eut l’envie soudaine de l’embrasser mais n’osa pas. Et si Léa le rejetait. Mais Léa interrompit brusquement ses pensées et posa ses lèvres sur les siennes. Le cœur d’Antoine explosait dans sa poitrine. Cette femme était étonnante.

Dès lors Léa s’installa officiellement chez Antoine. Tout allait très vite mais qu’importe, ils se sentaient bien ensemble. Un mois plus tard, Léa apprit qu’elle était reçue à l’examen d’entrée au barreau.  Ils fêtèrent cette réussite en partant un week-end à Barcelone. Léa voulait voir les maisons de Gaudi. Antoine lui fit plaisir. Il voulait la rendre heureuse. Il aimait quand elle s’émerveillait et retrouvait un regard d’enfant.

Léa était la femme de sa vie celle avec qui il voulait tout partager. Son amour pour elle, était trop fusionnel ; il le savait mais il ne pouvait faire autrement: il fonctionnait comme ça.

Léa était plus indépendante. Elle n’hésitait pas à sortir avec des amis durant la semaine sans Antoine. Elle savourait ces moments là. Ils lui appartenaient. Antoine se sentait exclu et l’attendait patiemment ces soirs là. Il aurait pu en profiter pour faire de même mais les sorties sans Léa manquaient de saveur. Alors il veillait, tard parfois, à l’affut du moindre bruit de clé dans la serrure.

Un soir, Léa rentra si tard qu’Antoine s’endormit sur le sofa. Le lendemain, de mauvaise humeur et migraineux, il interrogea Léa au saut du lit.

« T’étais où, je t’ai attendue jusqu’à trois heures ? Lança t-il sèchement. C’était la première fois que Léa devait rendre des comptes sur ses escapades nocturnes. Elle ne le fit pas car Antoine n’avait pas besoin de savoir ce qu’elle faisait lors de ces soirées entre amis.

- Tu aurais pu appeler !

-Je ne te demande pas de m’attendre.

-Mais tu sais bien que je m’inquiète lorsque je n’ai aucun coup de fil. Je ne te demande pas grand-chose Léa, juste de tenir compte de ma sensibilité.

- Justement cette sensibilité m’agace parfois ! »

Cette remarque blessa Antoine et il ne sut quoi répondre. Le dialogue stoppa net et Léa vaqua à ses occupations  laissant Antoine muet de stupeur.



nouvelle

21/01/2011 16:14 par bonnyportmore

Mayann et Vincent ne tardèrent pas à s’installer ensemble dans un magnifique deux pièces au cœur d’une petite résidence. Leur vie était rythmée par les aller et retour de Vincent et Mayann   tuait le temps en travaillant de plus en plus tard.

Elle commença à aller de plus en plus mal.

7h30, gare de banlieue, cohue, pas anonymes. Mayann entendit l’ultime sonnerie signalant la fermeture des portes du RER. Comme chaque matin, elle répétait son meilleur rôle, s’engouffrer dans le vacarme, baisser les yeux pour éviter de croiser du regard ces âmes en peine. Elle attendait là, assise sur le siège en skaï rouge délavé. Parfois elle fermait les yeux pour arrêter le temps. Silence, bruits de journaux, murmures, elle vivait au rythme des portes qui s’ouvrent et se ferment happant la nature humaine.

Une lumière blafarde vint la suspendre de sa torpeur, agressive. Elle feint de ne pas comprendre mais déjà des milliers de gens la bousculaient, s’entassaient jusqu’à absorber la plus infime molécule d’oxygène.

-J’étouffe cria t’elle intérieurement.

Un quai à perte de vue le bruit des trains, la foule, elle sentait son cœur palpiter. Une nuée de forme s’avança, l’absorba et la transperça. Mayan hurla, terrorisée par cette proximité imposée.

Elle se liquéfiait sur place. Les rails si proches lui semblaient à ce moment l’unique aide à son salut. Sauter pour fuir.

Puis la panique l’envahit et elle sentit des larmes couler sur son visage décomposé.

Elle remonta dans le RER, et rebroussa chemin pour se réfugier chez elle.

-en sécurité : pensa –t-elle.

 

Les jours se succédèrent, identiques. Vincent ne se doutait de rien. C’était son secret.

Lever, transport, travail, transport, coucher. Sa vie lui échappait. Mayan se remplissait de tout, de l’amour que Vincent ne lui donnait pas. Son existence se résumait à des crises de plus en plus monstrueuses, gargantuesques qui s’enchainaient dans un rythme effréné.

 Les paquets de gâteaux se succédaient dans la frénésie malgré la peur de se faire surprendre. Plus rien ne comptait désormais, il n’y avait plus qu’elle et cette nourriture qui l’apaisait.

 
Le téléphone sonna :

-je serai en retard annonça Vincent.

Qu’avait –elle donc fait pour mériter cette indifférence. Mayann se glissa dans le lit froid et tenta se s’endormir. Mais une insomnie la gagna. Pour occuper le temps, elle prit sa plume et griffonna :

« Je n’en peux plus de souffrir. Je me dis que tout peut changer si je prends enfin les choses en main, la lumière est proche, je commence à sentir sa chaleur.

Bonne résolution, échapper à la tentation, à l’obsession : contrôle absolu !. Je vais me battre contre cette nourriture, me désintoxiquer, retrouver l’envie.

Ma vie, une attente perpétuelle. Le temps se déroule devant mes yeux et ma vie demeure en suspend. Après sa thèse, dans trois quatre ans….

L’espoir fait vivre, moi il me tue. Je me consume à petits feux et le désir s’efface lentement : mon désir d’être. Je me raccroche à nos souvenirs ; à tes promesses. J’attends un signe. Que tu me regardes, Vincent, que tu me trouves enfin séduisante. »

 

Ce mois décembre, Mayan s’en souvint, tout bascula. L’annonce fut brutale, inespérée’.

-J’ai envie d’avoir un enfant, il est temps : déclara Vincent.

Son plus beau cadeau, Mayann avait enfin trouvé ce pourquoi elle voulait vivre. Son ventre si souvent haï devenait un refuge, celui de l’amour.

 

examen

21/01/2011 16:12 par bonnyportmore

-Léa ! Léa ! Chuchota Antoine.

Léa, s’étira et lui sourit. Épuisée par les événements de la veille, elle n’avait pas entendu le réveil sonner. Heureusement qu’Antoine l’avait réveillée d’un doux murmure. Prise de panique, elle se souvint qu’elle devait passer l’examen du barreau à 10h. Comment avait elle pu l’oublier ?

Cela faisait des années qu’elle travaillait d’arrache pied pour pouvoir se présenter. Elle s’habilla, prit son sac et claqua la porte. Antoine resta planté là, près du canapé défait, au milieu d’une odeur de parfum qui asphyxiait maintenant l’atmosphère.

Léa courut vers le quai du métro. Incident technique, elle devait patienter 10 minutes. Attente insupportable. Il arriva enfin, bondé, et elle s’y engouffra. Puis, les portes s’ouvrirent et elle s’évada. Elle était à bout de souffle quand elle entra enfin dans la salle d’examen. Elle prit une grande inspiration, et le sujet tomba.

-         L’internement des aliénés et l’hospitalisation sous contraintes des malades mentaux.

Elle soupira de soulagement. 

 
 

lueur d'espoir

20/12/2010 12:49 par bonnyportmore

  • lueur d'espoir

    lueur d'espoir

    20/12/2010 12:49 par bonnyportmore

Petite lueur sur fond d'espérance ,
Avancée
Petits pas qui guident
Des chants qui fondent
qui roulent vers l'échéance.
Milliers de maux et de mots
qui s'effritent , tremblant
Lune rouge moins meurtrière
Cette lueur avance, ouvre une porte vers un haut delà
Parfum puissant qui pousse une mine d'envies
Libre

Ombre Obscure

29/11/2010 13:01 par bonnyportmore

  • Ombre Obscure

    Ombre Obscure

    29/11/2010 13:01 par bonnyportmore

Couleur morte
Rouge lune, éclat doré d'une ombre obscure.
Naitre encore, qu'une pointe opaque luminescente.
Crayon de plume vole vole encore...
Dors , d'or, s'éteint dans l'aube.
Vie, vide, ile , il
Lune éparse foi dans l'appel du jour
Soie, soi
Quand te tairas- tu petite voix ou voie?
Tais toi, t'es toi!
Les couleurs t'éteignent, s'envolent parfois
Ecris, et crient
Suaves certitudes, heures lourdes courent dans le bitume
Rouge, éclat de marbre, seule ,l'aurore s'éteint et vient jusqu'à toi.

Avidité

29/11/2010 12:47 par bonnyportmore

Mayan et Antoine basculèrent au même moment. Désormais, ils semblaient liés par le même destin.
Ils croyaient désormais en l’amour et ce basculement dans l’inconnu avait donné un goût particulier à leurs petites vies bien rodées.

Mayan apprit bientôt que ce quadragénaire répondait au nom de Vincent et était un voyageur invétéré, naviguant entre la France et l’Amérique latine. Elle était fascinée par cet homme rempli d’ambition, par cette culture à laquelle elle n’avait jamais vraiment eu accès. Elle pensait qu’il allait l’arracher de sa condition.
Bienfaiteur.
Elle découvrit rapidement que sa soif de connaissance cachait vraisemblablement une soif de reconnaissance. Et elle ouvrit sans le savoir une faille. Elle commença alors à remplir ce vide avidement, à essayer de palier ce désert culturel.

l'inévitable

29/11/2010 12:19 par bonnyportmore

Il l’intriguait. Son regard la transperça et c’était la première fois qu’elle ressentait cela. Bouleversement. Mayan peina à cacher son trouble, elle, si raisonnable, maitresse de ces moindres émotions de ces gestes, ne se reconnaissait plus. Elle devenait une autre.
Il frôla son épaule. Une onde traversa le corps de Mayann. Elle était vivante.
Silence.
Le train filait à vive allure et les rares gouttes de pluies avaient du mal à se fixer sur les vitres. Le temps changeait. Le soleil du matin avait laissé place à une brume de plus en plus épaisse. Lyon par temps pluvieux devait avoir son charme se dit elle.

Le silence n’était pas pesant comme ces non dits qui alourdissent parfois l’atmosphère. Etrangement, ils la rassuraient et l’enveloppaient dans une douce sérénité. Elle jeta un coup d’œil furtif sur les mains l‘ étranger. Cette partie du corps humain l’avait toujours fascinée. Elle s’imagina un instant sous leurs caresses et rougit.
Il s’en aperçut et de son regard la transperçât une nouvelle fois. Pénétrant. Elle ne désira alors qu’une seule chose : qu’il l’embrassa : sentir la douceur de ces lèvres, de sa langue. Ses mains sur elle. Un désir alors jamais éprouvé grandissait en elle. Ravageur. Elle le voulait en elle. Elle voulait qu’il comble ce vide, qu’il la remplisse.

Il la convia à le suivre dans les commodités du train. Elle suivit. Il referma la porte et l’inévitable arriva.